23.7.09

La colère de OBAMA : Après l'arrestation d'un prof de Harvard noir


Ami d'Obama, Henry Louis Gates a été arrêté alors qu'il tentait d'ouvrir sa propre maison.

Le Président a pris fait et cause pour lui.


L'affaire Henry Louis Gates a fini par remonter jusqu'au sommet : interrogé sur le sujet, Barack Obama a jugé l'arrestation du Professeur Gates « stupide » et évoqué la persistance du racisme aux Etats-Unis, qui les « hante ».

Henry Louis Gates a en effet été arrêté par la police alors qu'il luttait pour ouvrir la serrure bloquée de sa maison. C'est un éminent professeur d'Harvard, spécialiste de l'histoire des tensions raciales aux Etats-Unis. Et noir.

Un « comportement désordonné et belliqueux »

L'incident, qui nourrit un débat passionné depuis quelques jours aux Etats-Unis, a eu lieu la semaine dernière. Henry Louis Gates, « Skip » pour ses familiers, revenait d'un voyage en Chine, où il effectuait des recherches sur les origines du célèbre violonceliste Yo-Yo Ma.

Il arrive chez lui, à Cambridge (banlieue chic de Boston) mais ne parvient pas à ouvrir la porte de sa maison. Avec l'aide de son chauffeur, noir lui aussi, il tente de forcer la porte en poussant dessus. Une passante zélée les repère et prévient la police.

Gates a pu entretemps rentrer chez lui. Une voiture de police arrive, un policier (blanc) se présente, demande à Gates de sortir. Ce dernier refuse. Le policier entre. Gates lui présente une pièce d'identité (avec son adresse) et demande au policier de s'identifier à son tour, ce que ce dernier aurait refusé de faire. Le policier sort, Gates le poursuit, en colère, répétant : « C'est comme cela que vous traitez un Noir aux Etats-Unis ! »

Selon le rapport de police, Gates affichait un « comportement désordonné et belliqueux » et menaçait : « Vous ne savez pas à qui vous avez affaire. » Le policier décide alors de lui passer les menottes et de l'arrêter. Le rapport précise que l'officier s'est identifié, contrairement aux dires de Gates.

Un jeune noir sur neuf en prison

L'élection de Barack Obama a eclipsé pendant quelques mois le débat sur la discrimination raciale aux Etats-Unis. L'affaire Gates l'a brutalement reveillé. Certes, comme l'a rappelé mercredi le Président, le racisme recule aux Etats-Unis. Mais un jeune noir sur neuf est toujours en prison et les contrôles policiers ciblent encore trop souvent les suspects en fonction de leur couleur de peau


30.6.09

Les Etats-Unis changent, la France changera-t-elle pour assumer son passé ?

Les excuses du Sénat américain pour l’esclavage

A la veille de la célébration de la fin de l’esclavage en 1865 aux Etats-Unis, le Sénat a adopté une résolution très symbolique.

Le Sénat américain a voté jeudi pour présenter formellement ses excuses, au nom du peuple américain, pour « l’esclavage et la ségrégation raciale » envers les Noirs américains.

Cette résolution symbolique a été approuvée par acclamation, la majorité démocrate et l’opposition républicaine étant largement d’accord sur les termes du texte.

La résolution devra être également être adoptée par la Chambre des représentants, mais ne requiert pas de signature du président Barack Obama.

Elle intervient à la veille de la célébration de la fin de l’esclavage aux Etats-Unis en 1865, après la guerre de Sécession.

Le texte reconnaît « l’injustice fondamentale, la cruauté, la brutalité et l’inhumanité de l’esclavage » et des lois ségrégationnistes connues sous le nom de « lois Jim Crow » qui ont été abolies en 1964 par la loi sur les droits civiques, le « Civil Rights Act » qui interdit toute forme de discrimination dans les lieux publics.

Il présente des « excuses aux Noirs américains au nom du peuple américain, pour le mal qui leur été fait, ainsi qu’à leurs ancêtres qui ont souffert de l’escalavage et des lois Jim Crow ».

Toutefois, il stipule bien que le texte de la résolution ne peut servir de « support à une plainte contre les Etats-Unis ». D’ailleurs, le groupe des élus noirs de la Chambre des représentants, a exprimé ses « inquiétudes » sur cette dernière disposition.

« Alors que nous sommes fiers de cette résolution qui est attendue depuis longtemps, un vrai travail reste à accomplir (...) pour créer de meilleures opportunités pour tous les Américains. C’est véritablement le seul moyen de répondre à l’héritage de l’esclavage et de Jim Crow », a déclaré jeudi le sénateur Tom Harkin qui a introduit le projet de résolution.

Par ailleurs, une cérémonie est prévue début juillet au Capitole pour « marquer l’occasion », a assuré le sénateur Harkin. Le président Obama pourrait assister à cet événement.

7.4.09

Le Pardon de la Française née sénégalaise !



Au Sénégal, Ségolène Royal demande «pardon» pour le «discours de Dakar»

Ségolène Royal en visite au Sénégal. (REUTERS)

Le 26 juillet 2007, à l’occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, le chef de l'Etat africain avait estimé «que l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire».

L’ancienne candidate socialiste à la présidentielle, Ségolène Royal, a demandé «pardon» lundi soir à Dakar pour le discours controversé prononcé en 2007 au Sénégal par le président Nicolas Sarkozy, puis a demandé la fin de «ce qu’on appelle la Françafrique».

«Quelqu’un est venu ici vous dire que "l’Homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire"», a-t-elle déclaré, devant plus de 500 personnes réunies au siège du Parti socialiste sénégalais. «Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et -je vous le dis en confidence- qui n’engagent ni la France, ni les Français», a-t-elle ajouté.

L’assistance enthousiaste, en bonne partie constituée de militants socialistes, s’est alors levée pour l’applaudir et l’acclamer.
Le secrétaire d’Etat à la Coopération Alain Joyandet a qualifié d’«irresponsables» les propos de Mme Royal.

«Les déclarations de Mme Royal tenues à l’étranger sont choquantes, irresponsables et antidémocratiques. Elles sont tournées vers le passé», a réagi M. Joyandet dans une déclaration transmise à l’AFP. «Désirs d’avenir, c’est vraiment du passé», a-t-il ajouté, dans une allusion à l’association «Désirs d’avenir» de Mme Royal.

M. Sarkozy avait suscité une vive émotion, le 26 juillet 2007, à l’occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, en évoquant notamment «le drame de l’Afrique, (qui est) que l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire» ou «le paysan africain qui (…) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles».

Des intellectuels ont publié depuis plusieurs livres en riposte aux propos de M. Sarkozy, résultant selon eux d’«une vision manichéenne, raciale et paternaliste» de l’Afrique.
«Bien évidemment, vous avez fait l’histoire et vous continuez à la faire et vous l’avez faite bien avant la colonisation, pendant, avant et depuis. Et c’est avec vous que nous allons construire notre avenir» a répliqué Mme Royal.

«Pardon pour le passé, merci pour le passé», a-t-elle poursuivi, 161 ans après l’abolition définitive de l’esclavage en France et 49 ans après l’indépendance du Sénégal, ex-colonie française.

«Pour le meilleur et parfois, hélas, pour le pire, nos histoires ont été liées. Le pire, ce fut l’esclavage (…), le pire aussi ce fut la colonisation dont une partie de la droite a essayé de nous faire croire (…) qu’elle avait des +aspects positifs+», a poursuivi Mme Royal.

La présidente de la région Poitou-Charentes avait débuté son discours par «mes frères et mes soeurs» et s’était présentée comme «une fille de l’Afrique», née il y a 55 ans à Dakar où son père était sous-officier.

«La France républicaine mérite que cesse ce qu’on appelle (…) la +Françafrique+ et l’opacité de décisions prises dans le secret de quelques bureaux pour quelques intérêts particuliers», a-t-elle encore déclaré.

«Nous ne pouvons, nous Français, ni soutenir les dictatures, ni abandonner les démocrates», a insisté Mme Royal, adversaire malheureuse de M. Sarkozy au second tour de la présidentielle de 2007, s’exprimant souvent comme une présidentiable en campagne.

Le premier secrétaire du PS sénégalais, Ousmane Tanor Dieng, a jugé que le discours de Mme Royal avait «réhabilité la France aux yeux des Sénégalais».

En revanche, son programme prévoyait lundi une audience avec le président sénégalais Abdoulaye Wade qui n’a pas eu lieu. L’attachée de presse de Mme Royal a annoncé que l’entretien avait été «reporté» mais la présidence a assuré que «cela n’était pas à l’agenda du président lundi».

Mme Royal doit achever jeudi une visite de cinq jours au Sénégal.

(Source AFP)

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